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Dernière modification :
16 octobre 2006
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Ethnoécologie des zones humides et des forêts tropicales

Intitulé : Enquête inter années - METH98E & METH 98F, METH41G & METH41H

Thème : Ethnoécologie des zones humides et des forêts tropicales

Enseignants : Eric NAVET, Michel HOFF, Ouriel PEREZ

Présentation :

Ce TP s’inscrit dans le cadre d’une approche écologique humaine, et fait essentiellement référence, sans exclure d’autres champs, aux rieds d’Alsace et aux forêts tropicales d’Amérique du Sud, particulièrement de Guyane. Il s’agit de mettre évidence la façon dont des groupes locaux (Amérindiens, Bushinenge pour la Guyane, villageois en Alsace), des communautés, des communes s’inscrivent dans des paysages, comment ils conçoivent, conceptualisent et activent leurs relations avec le monde non humain visible et invisible, notamment mais non exclusivement, végétal et animal. Nous verrons apparaître deux approches contrastées par rapport à une hypothétique relation nature/culture : la première, celle des sociétés traditionnelles, considère - conformément aux « théories indigènes » (C. Lévi-Strauss) et à la démonstration d’un P. Descola - que l’ensemble des créatures font partie d’un continuum dont les éléments différenciés se doivent d’entretenir des relations de conciliation et d’échange équitables, où l’être humain particulièrement est défini comme partie intégrante des biotopes et des écosystèmes ; la seconde, celle des sociétés industrielles, repose sur un antagonisme explicite dans les textes fondateurs (la Genèse dans la tradition chrétienne) des religions dites « révélées » qui positionnent les êtres humains comme « maîtres » et « régisseurs » de la Création. Une telle attitude est le moteur de toutes les politiques dites « de développement », durable ou non. La perspective est donc diachronique et elle vise à montrer ce qui se passe lorsque ces deux modes d’être, de penser et d’agir contraires entre en collision, dans un contexte que nous définirons globalement comme « colonial ». Quelques exemples pris en Alsace et en Guyane française montreront que l’on a affaire, d’un côté, à une entreprise éco-ethno-égocidaire (destruction des milieux naturels, des cultures et des identités), et, de l’autre côté, à des stratégies de résistance élaborées et activées aux niveaux locaux, nationaux et internationaux et qui visent à la préservation des valeurs écologiques, humaines et spirituelles qui fondent ces sociétés traditionnelles. Incidemment, l’exposé devrait montrer, sur la base d’exemples guyanais (notamment le projet de Parc national dans le sud du département essentiellement peuplé par des populations autochtones et traditionnelles), la nécessité pour le chercheur de se positionner dans le débat, la nécessité donc d’une ethnologie et d’une écologie politiques.

Bibliographie :

Collectif, 1993 : La science sauvage. Des savoirs populaires aux ethnosciences, Paris, Ed. Du Seuil.
Descola, Philippe, 2005 : Par delà nature et culture, Paris, Gallimard.
Fleury, Marie, Poncy, Odile, 1995 : Conserver, gérer la biodiversité : quelle stratégie pour la Guyane ? JATBA, Revue d’ethnobiologie, Lab. d’Ethnobiologie-Biogéographie, Paris, Museum National d’Histoire Naturelle.
Grenand, Pierre, 1980 : L’univers Wayãpi, Ethnoécologie des Indiens du Haut Oyapock, Paris, SELAF.
Lévi-Strauss, Claude, 1962 : La pensée sauvage, Paris, Plon.

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