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20 octobre 2010
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Programme de la JE (2.5 Mo)
Document PDF mis en ligne le 20 octobre 2010

JE "Appréhender la distribution sociale des rapports aux temps"

La journée d’étude proposée s’inscrit dans le programme MISHA « construction de l’espace social et le rapport au temps et à l’espace ». Elle vise à appréhender l’organisation du monde social et de l’existence, c’est-à-dire les positions sociales, leur maintien, leur évolution dans un sens ou dans l’autre, au prisme du rapport au temps et de l’espace. Si l’on sait aujourd’hui que la mobilité spatiale peut s’expliquer et se comprendre à l’aune d’une position sociale qui se déplace et se replace dans des lieux où les dispositions attachées à cette position reprennent place (ou non), les usages et perceptions du temps (qui induisent les espaces à partir desquels ces usages et perceptions se réalisent et s’organisent) peuvent être sociologiquement saisis comme des pratiques relevant des positions ou du mouvement de positions dans l’espace social, voire les révélant. Les différentes formes de capital ouvrant à certains types de rapports au temps suivant les espaces investis.
L’idée directrice consiste à considérer que la gestion, la maîtrise comme la/les représentation/s de son temps, voire du temps (des autres), dépendent à la fois d’une position sociale, donc d’un ensemble de dispositions, mais aussi, et peut-être en conséquence, du rapport entretenu avec certains types d’activités (ces activités bornant alors la hiérarchie des cadres temporels vécus ça et là). D’un autre côté, dans les institutions (entendues au sens large) comme dans l’organisation sociale (et spatiale) des villes, s’agencent différentes formes de contraintes en termes de rythmes, de tempo ou de cadences, lesquelles produisent des effets sur la gestion, la maîtrise comme la/les représentation/s de son temps. C’est à l’articulation de ces deux dimensions (habitus et monde social ou champs) qu’il semble possible d’envisager les logiques socio-spatiales du rapport au temps et leurs transformations, c’est-à-dire reconstruire « […] le point de vue de l’agent agissant, de la pratique comme « temporalisation », et en faisant ainsi apparaître que la pratique n’est pas dans le temps, mais qu’elle fait le temps »(*) . De fait, le pouvoir attaché aux positions sociales dans certains espaces induit par ailleurs un pouvoir plus ou moins grand sur la définition et l’imposition de cadres temporels qui sont d’abord des cadrages de pratiques spécifiques.
Cette perspective, outre le décalage qu’elle induit pour considérer le temps non comme une donnée en soi, mais au travers des pratiques sociales et des espace où elles s’inscrivent, pose un grand nombre de défis méthodologiques entre autres, en ce qui regarde la mesure des effets d’un investissement pratique d’un agent sur l’ensemble de son « rapport au temps » ou encore pour mesure les effets de telle ou telle disposition sur telle ou telle temporalisation lorsque qu’il est nécessaire de considérer, dans le même temps, le poids différenciés des espaces dans lesquels s’inscrivent ces pratiques.
Cette journée ouvre ainsi à des discussions autours de premières présentations qui abordent un ou plusieurs éléments de la problématique dans le cas d’institutions spécifiques, les transformations urbaines et le champ politique.

(*)Bourdieu Pierre, Méditations pascaliennes, Paris, Seuil (coll. Points-Essais), 2003, p.299.

Responsables scientifiques : Philippe Cordazzo, Christophe Enaux, Christian de Montlibert, Thierry Ramadier

- O R G A N I S A T I O N : Simon Borja, Anaïs Cretin, Thierry Ramadier, Carole Cordazzo
- C O N T A C T : simon.borja@misha.fr anais.cretin@live-cnrs.unistra.fr

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