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3 novembre 2016
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Plan de cours Sociologie de l’activité 2016-2017 (106.3 ko)
Document PDF mis en ligne le 2 novembre 2016

SO14KM24 : Sociologie de l’activité

Code du cours : SO14KM24

Intitulé : Sociologie de l’activité

Nombre d’heures : 12 h

Enseignante : Mme Sylvie Monchatre

Modalités d’examen :
- session 1 : Dossier (cours C)

- session 2 : Dossier (cours C)

Présentation du cours

Je propose d’examiner ici la notion d’activité, afin de réinvestir, dans le sillage de la sociologie de l’activité (Bidet, 2006, 2011), la notion même de travail. Le travail ne se laisse pas enfermer dans le triptyque de la peine, de l’œuvre ou de l’action mais se diversifie bien au-delà des images de "Vita Activa" que nous en a données Hannah Arendt ([1958],1961). Les conditions contemporaines de production de la « vie matérielle » affectent l’organisation de la vie sociale et les formes de division du travail, au point de faire sortir l’activité humaine de la gangue du poste de travail et de l’emploi. De fait, l’activité s’échappe des cadres institués du travail et du salariat, elle se répand jusque dans nos pratiques de consommation et dans nos engagements « hors-travail ». Pour autant, elle n’en reste pas moins profondément influencée par une dynamique salariale qui contribue à transformer les savoirs en « compétences » et les expériences issues de notre socialisation en ressources pour l’action.

Nous verrons ainsi que l’activité relève, selon l’expression de Yves Schwartz, du « rapiècement » entre ce qui est disloqué dans l’espace et le temps du travail, entre ce que nous savons et ce que nous avons à faire, mais également entre ce qui est attendu, ce qui se faisait jusqu’ici et ce qu’il faut ajuster dans l’ici et maintenant. Un tel rapiècement suppose de composer avec la normalisation du travail, imposée au nom d’une efficacité d’ensemble qu’il s’agit de faire advenir, tout en la rendant compatible avec les exigences des situations, des lieux, des appareils, des clientèles. Cette normalisation a toujours un caractère de généralité tandis que chaque situation est localement héritière d’une histoire et le plus souvent inscrite dans une configuration très éloignée du « cas » ayant servi de modèle à la normalisation. Le rapiècement est donc inéluctable, au prix de jeux avec les règles, contorsions, transgressions ou inventions. Il se produit sur la base d’"accomplissements pratiques" qui permettent d’expérimenter des « usages de soi », usages grandis ou malmenés, ce qui pose la question des espaces de valorisation de ces expériences résolument productives.

Séances du cours

Jeudi 3 novembre 2016 : Du travail à l’activité  : Retour sur le « travail en actes »

Jeudi 10 novembre 2016 : Du « sale boulot » au « vrai boulot » : Division morale du travail et construction de l’expérience

Jeudi 17 novembre 2016 : Les cadres de l’activité : Ce que les normes font à l’activité de travail

Jeudi 24 novembre 2016 : L’activité aux interfaces

Les cours ont lieu de 10h à 13h à la MISHA, Salle Asie

Bibliographie indicative

Ouvrages et numéros de revues :

Arendt H, [1958], 1961, Condition de l’homme moderne, Paris, Calman-Levy.

Avril C., Cartier M., Serre D., 2010, Enquêter sur le travail. Concepts, méthodes, récits. Paris, La Découverte, Grands repères.

Becker H. S., 2002, Les ficelles du métier, Paris, La Découverte, traduction française.

Bidet A. et alii, 2006, Sociologie du travail et activité, Toulouse, Octarès.

Bidet A., 2011, L’engagement dans le travail. Qu’est-ce que le vrai boulot ? Paris, PUF.

Borzeix A., Cochoy F. (Coord.), 2008, Travail et théories de l’activité : vers des workspace studies ? N° spécial de la revue Sociologie du travail, vol. 50 (3).

Dodier N., 1995, Les hommes et les machines. La conscience collective dans les sociétés technicisées, Paris, Métailié.

Dujarier M.-A., Gaudart C., Gillet A., Lenel P. (Coord.), 2016, L’activité en théories. Regards croisés sur le travail, Toulouse, Octarès

Eckert H., Vultur M. (Coord.), 2016, Le travail au prisme de l’activité, Sociologie et Sociétés, Vol. 48, n°1.

Hughes E.-C., 1996. Le regard sociologique. Essais choisis. Paris, Éditions de l’EHESS.

Marx K., [1857], 2011, Manuscrits de 1857-1858 dits Grundrisse, Paris, Editions sociales.

Marx K., [1867] 1969, Le Capital. Critique de l’économie politique, Livre 1, Traduction de Jean Roy, Paris, Éditions sociales.

Monchatre S., 2010, Êtes-vous qualifié pour servir ?, Paris, La Dispute.

Monchatre S., Woehl B. (Dir.), 2014, Temps de travail et travail du temps, Paris, Publications de la Sorbonne.

Pillon T. (Coord.), 2011, Travailler, N° spécial de la revue Communication n°89 (2).

Roy D., 2006, Un sociologue à l’usine, Paris, La découverte.

Schwartz Y., 1988, Expérience et connaissance du travail, Paris, Messidor.

Schwartz Y., 1992, Travail et philosophie, convocations mutuelles, Toulouse, Octarès Éditions

Strauss A., 1992, La trame de la négociation. Sociologie qualitative et interactionnisme, Paris, L’Harmattan

Terssac G. de, 1992, L’autonomie dans le travail, Paris, PUF.

Terssac G. de (Dir.), 2003, La théorie de la régulation sociale de Jean-Daniel Reynaud. Débats et prolongements, Paris, La Découverte.

Vatin F., 2008, Le travail et ses valeurs, Paris, Albin Michel

Vatin F. (Dir.), 2013, Évaluer et valoriser. Une sociologie économique de la mesure, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail.

Mots clés