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21 avril 2013
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SO23KM14 : Savoirs locaux

Code du cours : SO23KM14

Intitulé : Savoirs locaux

Nombre d’heures : 20h

Enseignant : M. Eric Navet (20h)

Modalités d’examen :
- session 1 : dossier
- session 2 : oral

Descriptif :

Toute société humaine se construit à partir des relations qu’elle entretient avec ses environnements humains et non humains, visibles et invisibles. La relation peut être inclusive, comme chez les sociétés traditionnelles, ou exclusive, comme dans les sociétés fondées sur des religions dites « révélées » et qu’on définit couramment comme sociétés à Etat ou sociétés industrielles. Entre l’alliance et l’exclusion - correspondant, chacune, à un mode d’être, de penser et d’agir (MEPA) fondant des cultures multiples -, la rencontre, nécessairement manquée, ne peut être que conflictuelle et violente. Lorsque de deux modèles culturels, l’un se prétend, au nom d’une instance transcendante (religieuse, idéologique, politique, etc.), « supérieur » et entend imposer ses normes au mode jugé « inférieur », la rencontre s’appelle colonialisme.

Un savoir, de quelque nature (« naturelle », « humaine », « spirituelle », etc.) qu’il soit, et quel que soit le domaine culturel d’application (technologique, médical, rituel, festif, etc.), tient sa valeur de sa capacité à nous éclairer sur le monde et à la possibilité qu’il offre de se traduire par des actes utiles au bien-être des individus et des communautés dont il émane. Toute autre approche ne saurait être qu’idéologique. L’acte de « mise en valeur » des savoirs ne peut être qu’extérieur à ces savoirs ; il ne peut naître que d’une situation de type colonial, situation basée sur une gradation des valeurs où l’exogène s’impose de façon coercitive - et de multiples façons (écocide, ethnocide, égocide) - à l’endogène. Même si l’Autre culturel - d’ailleurs difficilement identifié comme tel - n’est pas, ou n’est plus, nié absolument, et si ladite « mise en valeur des savoirs » semble impliquer une certaine reconnaissance de ces savoirs et de l’humanité de ceux qui en sont les dépositaires (les « autochtones », les « indigènes », les « primitifs », etc.), un certain nombre de questions subsistent :
- Que sait-on exactement de ces savoirs ? Et de quelles « valeurs » parle-t-on ?
- Quelle valeur accorde-t-on, dans les pays dits « développés » à ces savoirs longtemps qualifiés de « primitifs » ? Quelle utilité, quelles finalités attribue-t-on à ces savoirs indigènes au-delà de leur fonction locale ?
- Quels sont la réalité et le bien-fondé d’une « valorisation » - muséographique, touristique, pédagogique, médicale...- qui opère souvent dans un contexte colonial, avoué ou non, en même temps que des politiques ethnocidaires, sous le masque du développement, fut-il « durable » ?
- S’agit-il aujourd’hui, comme le faisaient autrefois les missionnaires dans le champ religieux, de mieux faire passer le message de la « modernité » et d’imposer le « libéralisme » économique ?
- Quels bénéfices, et à quelle aune les mesurer, les populations locales tirent-t-elle de cette « mise en valeur » et de la modernité en général ?
- Selon quels principes, une auto-valorisation des savoirs (« mise en valeur » endogène) peut-elle être effective ?

Mots clés